1- le calme mental

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1- le calme mental

Message  Nokomis le Jeu 20 Jan - 9:58

Le calme mental dans le bouddhisme, passage inévitable dans l’engagement bouddhiste et commun aux trois véhicules, n’a quasiment rien à voir, au moins en terme de but, avec les activités que l’on peut trouver ça et là dans les centres de remise en forme ou de relaxation, etc. Mal exposée, la pratique du calme mental finit par être pervertie par des personnes qui peuvent se présenter en Gurus ou autres charlatans. Il s’agit ici de présenter ou rappeler succinctement, de façon la plus claire possible, cette pratique, qui à elle seule, peut faire l’objet d’innombrables pages et commentaires que l’on peut trouver facilement dans des livres.


Une définition de Samatha peut être celle-ci : la capacité de fixer nos états d’esprits sur l’objet de méditation avec clarté et stabilité, aussi longtemps que l’on souhaite, avec aisance mentale et physique. On l’appelle aussi la concentration en un seul point. Il y a dix niveaux à parcourir avant d’atteindre la vision profonde (vipassyana).

Grâce à Samatha, l’esprit devient extrêmement flexible et réduit radicalement la puissance des attitudes perturbantes, la colère grossière, l’attachement, la jalousie, etc.



« Les gens qui suivent la Voie devraient en premier ‘vider’ et calmer leurs états d’esprits. La raison en est que l’esprit doit être ‘vide’ avant de pouvoir saisir profondément le principe subtil. Si l’esprit n’est pas ‘vide’, il est comme une lampe dans le vent, ou une eau turbulente, comment peut-il refléter les myriades de formes ? ».



Yuan-Hsien (1618 – 1697) – moine Zen



Voici des préalables pour accomplir pleinement le calme mental :



1- Un endroit adéquat : facilité à obtenir de la nourriture sans subsistance, endroit puissant béni par des personnes saintes et calme, ne favorisant aucune maladie, avec des compagnons bons dont l’un au moins à écouté les enseignements.

2- Avoir peu de désirs en terme de nourriture, vêtements, etc.

3- Être satisfait : accepter ce que l’on a et ce que nous sommes.

4- Adopter une éthique pure : essayer d’éviter toute attitude négatives.

5- Abandonner l’agitation et l’excitation : peu de sujets en dehors de la méditation, réduire toutes les autres activités.

6- Abandonner les pensées de désir et de soif : en contemplant les défauts du désir et l’impermanence



Et aussi, dans le cadre du grand véhicule, il est indispensable de générer la bonne motivation (l’esprit d’éveil).



L’achèvement de Samatha n’est pas une mince tâche. Il est dit que si on est complètement engagé dans la pratique au cours d’une retraite solitaire, on peut le réaliser en l’espace de six mois.

Il n’y a pas beaucoup de personnes qui peuvent se vanter d’avoir maîtrisé Samatha, qui est pourtant ‘une première étape’ dans la méditation !! Pour s’engager sérieusement dans la pratique, il est bon de prendre conseil auprès d’enseignants qualifiés et de s’informer grâce à des livres sérieux.



Une mise en garde importante d’un moine theravada (du petit véhicule) Vénérable Ajahn Chah (Pra Bhodinyana Thera ) :



« Le Samadhi est capable d’apporter du mal ou du bien au méditant. On ne peut dire qu’il apporte exclusivement l’un ou l’autre. Pour celui qui n’a aucune sagesse, il est dangereux, mais pour celui qui a de la sagesse, il peut apporter de grands bénéfices et le mener à la vision profonde. Ce qui peut apporter le plus grand mal au méditant est le samadhi de l’Absorption (Jhana), le samadhi au calme maintenu et profond. Ce samadhi apporte une grande paix. Là où il y a la paix, il y a le bonheur. Quand le bonheur est là, l’attachement et la saisie à ce bonheur s’élève. Le méditant ne souhaite plus contempler autre chose, il souhaite juste s’adonner au sentiment plaisant. Quand on a pratiqué pendant un long moment, on peut facilement entrer dans ce samadhi très rapidement. Aussitôt que l’on constate notre objet de méditation, l’esprit pénètre le calme, et on ne veut plus en sortir pour contempler autre chose. On reste collé à ce bonheur. Ceci est un danger pour celui qui pratique la méditation.

On doit utiliser le samadhi Upacara. De cette façon, on pénètre le calme et ensuite, quand l’esprit est suffisamment apaisé, on en sort et observe l’activité extérieure. En regardant ainsi, un esprit calme laisse la sagesse se développer. Ceci est difficile à comprendre, parce que ressemblant presque à la pensée et à l’imagination ordinaire. Quand la pensée est là, on peut penser que l’esprit n’est pas en paix, mais en réalité la pensée prend place au sein du calme. Il y a contemplation mais elle ne perturbe pas le calme. On peut intensifier la pensée afin de la contempler. Ici, on relève la pensée afin de l’analyser, ce n’est pas que nous pensons sans but à l’analyser, ce n’est pas que nous pensons ou estimons sans but ; c’est quelque chose qui s’élève d’un esprit paisible.

Ceci est appelé « attention dans le calme et le calme dans l’attention ». Si ce n’est que la pensée ou l’imagination ordinaire, l’esprit ne pourrait demeurer en paix, il serait perturbé. Mais je ne parle pas de la pensée ordinaire, ceci est un sentiment qui s’élève de l’esprit apaisé. Il est appelé « contemplation ». La sagesse naît justement ici.”



Taï Situ Rinpotché, de « La prière Mahamoudra du troisième Karmapa » dont un extrait :



‘ Les vagues grossières et les pensées subtiles s’estompent en leur endroit même.

Le courant de l’esprit se repose non perturbé en lui-même.

Puissions nous être libres des chaînes de l’agitation, de la torpeur et du flou,

Et établir un océan continuel du calme mental.’



Dit ceci :



’’ Cette prière décrit l’idéal du calme mental. Dans cet état, toute grossièreté et pensées subtiles sont naturellement pacifiées, c'est-à-dire temporairement apaisées. Quand l’esprit est libre de pensées perturbantes, il devient stable et demeure ainsi sans l’aide de quelque effort que ce soit. Dans ce cas, deux choses peuvent se présenter.

La première est l’agitation. ( Tib.’Jing wa’). Ceci se réfère à un état d’esprit extraverti tel que l’esprit sombre dans une sorte de fixation dans laquelle il est fasciné ou ‘‘hors de l’espace’’. Le second consiste en deux types d’état d’esprit extrêmement introvertis, la torpeur et le flou (Tib ‘mug pa’ et ‘nog pa’). Ils se ressemblent, mais le flou est légèrement plus actif, tandis que sous l’influence de la torpeur, on peut facilement sombrer dans le sommeil. C’est un état réel de flou blanc total, tandis que le flou est un état nébuleux extrême qui peut être comparé à l’eau polluée par trop de poussière au point de ne pouvoir voir à travers. ‘’


Ainsi donc, avec ces extraits, sont évoqués le bien et le mal, et les obstacles qui peuvent se présenter à la pratique. La personne qui souhaite méditer le calme mental, ne pourra échapper aux obstacles ; d’où la nécessité d’un soutien provenant d’un enseignant qualifié.


Cependant, la méditation peut revêtir différentes formes comme par exemple la méditation analytique, indispensable dans l’étude du Dharma, ou la méditation visuelle (plutôt du côté Vajrayana). Ces formes de méditation seront exposées à travers différentes propositions de pratiques.
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